Pollution : SGL Carbon doit mieux faire

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Le préfet de Haute-Savoie s’est rendu au sein de la société SGL Carbon, à Passy, dont l’exploitation est réglementée par un arrêté préfectoral. L’occasion de rappeler ses obligations en termes d’amélioration de ses émissions polluantes.

En pleine élaboration du deuxième Plan de protection de l’atmosphère (PPA) de la Vallée de l’Arve et alors que 14 habitants viennent de saisir la justice pour faire condamner l’Etat pour « carence fautive » dans le dossier de la pollution de la vallée, le préfet, Pierre Lambert, tient au contraire à prouver que les services administratifs ne demeurent pas les bras croisés. Ainsi, il s’est rendu le 4 mai au sein de l’entreprise SGL Carbon, à Passy (Chedde), régulièrement montrée du doigt par la population pour ses émissions polluantes. L’objectif de sa visite était double : rappeler ses obligations à la firme et faire connaître au plus grand nombre le contenu de l’arrêté préfectoral du 26 janvier 2018 qui réglemente désormais l’exploitation de l’établissement.

L’usine de Chedde emploie 200 personnes et est spécialisée dans la fabrication de produits en graphites spéciaux.

Ce décret fixe des valeurs limites sur les émissions atmosphériques canalisées, impose un contrôle périodique de ces dernières, prescrit la transmission des résultats à l’inspection des installations classées ainsi que la rédaction d’un bilan annuel de ces émissions. Il impose aussi à l’exploitant de prendre des mesures graduées de maîtrise et de réduction de ses émissions industrielles (arrêt de deux à quatre installations), lorsque la procédure d’alerte en cas de pic de pollution aux particules fines est activée.

Investissements obligatoires

Concernant les poussières, le flux canalisé total de l’usine est limité à 8,5 tonnes par an jusqu’au 31 décembre prochain, puis à 6 tonnes par an à compter du 1er janvier 2019 (contre 10,3 tonnes annuelles dans l’arrêté précédent). Les rejets ont été d’environ 7 tonnes en 2017 et de 8,5 tonnes en 2015. Les limites de SO2 (dioxyde de soufre) et NOx (oxydes d’azote) baissent également : 27,8 tonnes par an pour le premier (33,5 auparavant), 29,2 tonnes pour le second (contre 40,2 tonnes).

Par ailleurs, SGL Carbon doit, d’ici la fin de l’année, mettre en place un dispositif de contrôle en continu des poussières, avec poste de supervision (500 000 euros d’investissement). Dès juillet 2018, elle doit en outre s’attaquer aux émissions canalisées de la graphitation par la mise en place d’un traitement complet des rejets des halls I, II et IV qui abritent les fours de graphitation (4 millions d’euros).

La filiale de SGL Group a également dû diligenter une étude – de juin à novembre 2017 – sur la quantification des émissions diffuses de poussières et d’HAP/BaP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques/Benzoapyrène) issues des ateliers, qui a donné les résultats suivants : 6 tonnes de poussières, 7,75 kg de HAP et 0,440 kg de BaP. L’exploitant s’est vu contraint de transmettre un plan d’actions visant à réduire les émissions les plus importantes. Plan en cours d’examen par l’inspection des installations classées.

Enfin, la société a jusqu’à fin juillet 2018 pour actualiser l’évaluation des risques sanitaires initialement réalisée en  2012 et jusqu’en octobre 2018 pour proposer un programme de surveillance de l’impact des activités de l’usine sur son environnement proche.

 

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