Quelle place pour les femmes dans la vie politique régionale?

Quelle place pour les femmes dans la vie politique régionale?
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Selon une étude de l’Insee, les institutions politiques de la région se sont féminisées. Mais les postes de pouvoir restent dans les faits surtout dévolus aux hommes.

La parité homme/femme est plutôt bien respectée dans les assemblées locales. C’est l’un des enseignements de l’étude publiée par l’Insee à l’occasion de la journée internationale du 8 mars consacrée aux droits des femmes. Depuis le début des années 2000 et l’adoption des lois en faveur de la parité, les assemblées régionales et départementales ainsi que les communes de plus de 1 000 se sont féminisées au point de compter désormais presque autant de femmes que d’hommes.

Vers l’égalité numérique

Depuis une dizaine d’années, les femmes représentent près de la moitié (47,1% en 2015) des élus régionaux. Dans les départements, le taux qui avoisinait les 15% en 2011 s’est envolé depuis les dernières élections et la modification du scrutin avec la création d’un ticket paritaire associant un homme/une femme. La féminisation des conseils municipaux est plus lente et régulière : un tiers des élus municipaux étaient des femmes en 2001, 42 % en 2014. Cette moyenne recouvre une nette différence entre les communes de plus de 1000 habitants, dont les équipes sont soumises à la règle d’alternance homme/femme (48% d’élues) et les petites communes qui ne sont pas soumises à la parité (36 % d’élues seulement).

Les hommes toujours aux manettes

Si l’égalité numérique est presque atteinte dans les assemblées délibérantes locales, les postes de pouvoir et de décision restent, dans les faits, surtout dévolus aux hommes. A l’image de la région, les 12 départements d’Auvergne-Rhône-Alpes sont présidés par des hommes. L es femmes n’administrent encore que 17 % des communes de la région et elles sont plus souvent maires de villages (moins de 1 000 hab.). Mêmes inégalités pour les thématiques traitées.  Les portefeuilles jugés stratégiques (finances, économie, transports) font l’objet d’un « monopole » masculin alors que les femmes héritent des affaires sociales, familiales ou culturelles.

Déséquilibres parlementaires

Lorsque les règles sont moins strictes, l’égalité peine à s’imposer. En 2012, 40 % de femmes étaient candidates au premier tour des élections législatives en Auvergne-Rhône-Alpes. Elles n’étaient plus que 31 % au second tour pour n’occuper finalement que 17 des 64 sièges alloués à la région au sein de l’hémicycle, soit 27 %. Et dix femmes seulement figurent parmi les 38 sénateurs régionaux élus au palais du Luxembourg soit un taux 21%.

Un renouvellement du paysage

L’étude de l’Insee montre par ailleurs que les élues sont plus jeunes que leurs collègues masculins (deux ans d’écart moyen) et contribuent à renouveler le paysage politique. Leur profil socioprofessionnel est sensiblement différent avec davantage d’employées et de sans-profession. Et aux divers échelons territoriaux, les femmes occupent moins souvent des fonctions donnant lieu au versement d’indemnités alors que leurs revenus sont déjà, en moyenne, inférieurs à ceux des hommes.

@Seblinux78 – Flickr

 

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