Philippe Sebillotte voit rouge

Philippe Sebillotte voit rouge
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Après avoir exposé ses photographies de Chine en février à Annecy-le-Vieux (Eco du 23 février 2018), Philippe Sebillotte, l’ex-délégué général du Medef 74, propose, jusqu’au 23 juin, de découvrir son regard sur la Holi, ou fête des couleurs indienne.

« Rouge Holi » est le nom de la nouvelle exposition photographique proposée par Philippe Sebillotte à la Galerie 361 d’Annecy. Une immersion dans la fête des couleurs indienne, visible jusqu’au 23 juin. Fasciné par ce pays aux multiples visages où il se rend régulièrement, l’ex-délégué général du Medef de Haute-Savoie signe là sa deuxième grande exposition de l’année. La première a eu lieu en février à Annecy-le-Vieux dans le cadre de la semaine chinoise. Eco Savoie Mont-Blanc avait alors publié un portrait de cet artiste inattendu.

 

Philippe Sebillotte, une retraite grand angle

Côté pile, c’est l’homme en costume-cravate que tout le patronat haut-savoyard connaît. Efficace, impliqué et maîtrisant bien ses dossiers. Celui qui fut pendant de nombreuses années délégué général du Medef de Haute-Savoie et de la Chambre de la métallurgie, président de Tetras et du 1 % logement – entre autres – a laissé, dans le monde des affaires dont il s’est majoritairement retiré, l’image d’un homme sinon austère tout au moins très (trop?) sérieux. Boulimique de travail et sur-occupé. A 75 ans, Philippe Sebillotte laisse désormais entr’apercevoir son côté face. Et c’est par le prisme de son boîtier qu’il livre sa vraie nature.

Le costume a été troqué contre un pantalon ordinaire et un pull. Le sac photo a remplacé la mallette de dossiers. Et la valise, sinon le sac à dos, sont toujours prêts à sauter dans un avion. Retraité, Philippe Sebillotte s’adonne à ses deux passions : la photo et le voyage. Bourlingueur de l’image, il s’envole régulièrement, ses seuls billets d’avion en poche, vers de nouveaux horizons. « Au total, j’ai dû visiter 43 pays », compte-t-il. Mais c’est indéniablement l’Asie, et plus particulièrement l’Inde, qui l’a, en quelque sorte, révélé à son amour de la photographie.

PEREGRINATIONS INDIENNES

« Ce pays a été une fascination pour moi, reconnaît-il. J’y suis allé pour la première fois en 2006 et depuis, j’ai dû y retourner une douzaine de fois pour de longs séjours. » Avec l’évocation indienne, la parole, autrefois si mesurée, se délie. Intarissable, il raconte ses rencontres, ses amis indiens, les ambiances et les couleurs. « L’Inde, c’est le pays de la couleur, s’exclame-t-il. D’ailleurs, il y en a parfois trop : trop de couleurs tue la couleur ! » C’est au cours de ces pérégrinations indiennes que le photographe autodidacte progresse sur le chemin de la prise de vue. Les gens se prêtent volontiers au jeu de la pose. Et l’image se transforme souvent en vecteur d’amitié. « Grâce à mon appareil photo, j’ai fait des rencontres merveilleuses, se souvient-il. Parfois, on ne sait pas se dire un mot, mais il y a quand même un échange réel et profond. »

Fasciné par le « côté très détendu » des Indiens qui, reconnaît cet homme stressé, lui «fait un bien fou », Philippe Sebillotte met à bien ces immersions pour parfaire son geste, son cadrage, ses réglages… Au fil des années, son style s’épure, comme pour toucher à l’essentiel. Et comment mieux qu’en noir et blanc dire cet essentiel ?

MONTAGNES JAUNES EN NOIR ET BLANC

Admirateur des estampes chinoises, il fomente alors un nouveau projet : photographier les Montagnes jaunes de Chine en noir et blanc. « Dès le départ, avant même d’y être allé, je savais que j’allais les immortaliser en noir et blanc et en format carré. Je voulais me rapprocher de ces peintures ancestrales et rendre le mieux possible le côté fantasmagorique et poétique de ces paysages. Le noir et blanc s’est imposé de lui-même. »

En 2015 et 2016, il arpente, six semaines durant, les pics et les canyons de cette région incroyable. Au gré des brumes montantes et descendantes, il capte l’évanescence des paysages. Un pin, accroché sur une pente vertigineuse nimbée de brouillard ; un sommet émergeant d’une mer de nuages ; une dentelle d’arbres se découpant sur un fond vaporeux… Des centaines de clichés s’accumulent, tous plus invraisemblables les uns que les autres.

De retour en terre haut-savoyarde, il en sélectionne patiemment une trentaine qu’il expose d’abord à la Galerie 361, à Annecy, en juin, puis en octobre à la médiathèque de Rueil-Malmaison. Aujourd’hui, c’est cette exposition qu’il donne à voir en libre accès dans les couloirs de la mairie d’Annecy-le-Vieux, dans le cadre de l’événement Escale en Chine. Entre photos d’art et tableaux surréalistes, ces clichés traduisent l’émotion d’un baroudeur face à l’extra beauté terrestre.

Portrait paru dans Eco du 23 février 2018

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