L’immobilier de montagne décrypté par les notaires

L’immobilier de montagne décrypté par les notaires
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La Chambre interdépartementale des notaires des Savoie publie les chiffres de l’immobilier en station. En 2017, les transactions et les prix s’affichent à la hausse.

On le sait, l’immobilier de montagne est un marché à part. En 2017, tous les indicateurs sont au vert. La neige, tombée en abondance, a un effet booster sur les ventes.

Un marché atypique : les principales raisons

Des prix plus élevés. En station – et c’est un fait avéré -, plus la surface est grande, plus le mètre carré est cher, alors qu’ailleurs c’est l’inverse. Ensuite, « les prix des appartements dans l’existant sont plus élevés, comparés aux biens vendus dans le reste du département », souligne Maître Bouvier, notaire en Savoie, lors de la présentation des statistiques 2017 de l’immobilier en Savoie Mont Blanc. Dans les Trois Vallées et la Tarentaise, le prix médian du mètre carré est supérieur de 1 000 euros… Des stations de sport d’hiver plébiscitées pour leurs grands domaines skiables où un bien s’échange respectivement 5 280 € (+12,1 % par rapport à janvier 2017) et 3 790 €/m2 (+4,6 %). Et beaucoup plus encore dans celles plus haut de gamme/luxe comme Val d’Isère, Méribel et Courchevel. Le Beaufortain-Val d’Arly, plus familial, attire aussi les touristes. Les prix grimpent de 9,4 % pour atteindre 4 620 €/m2 en 2017. La Haute-Savoie n’est pas en reste. Certains spots au pied du mont Blanc demeurent incontournables, notamment Chamonix où le prix médian atteint 4 840 €/m2 (+4 %). Les transactions progressent également dans les Portes du Soleil et les Aravis. Compter respectivement 4 440 € (+1 %) et 4 730 €/m2 (mais -2,8 %).

 

 

Répartition en % des ventes d’appartements neufs, anciens, maisons anciennes et terrains à bâtir confondus (du 01 mars 2017 au 28 février 2018) 

 

Haute-Savoie Tous biens confondus Savoie Tous biens confondus
Annecy 19% Chambéry 12%
Annecy-environs 6% Périphérie Chambérienne 13%
Albanais 6% Aix-Tresserve 11%
Tour du Lac 3% Montmélian-Saint Pierre-La Rochette 6%
Secteur de Faverges 1% Albertville-Ugine-Grésy 8%
Secteur de Frangy 2% Echelles-Chartreuse 2%
Cruseilles-Thorens 3% Chautagne-Albens-Les Bauges 3%
Genevois 11% Yenne-Saint Genix-Pont de Beauvoisin 5%
Léman 17% Beaufortain-Val d’Arly 3%
Vallée de l’Arve 13% Vallée de Maurienne 4%
Alpes du Léman 1% Stations de Maurienne 7%
Balcon du Léman 1% Vallée de Tarentaise 7%
Les Aravis 2% Stations de Tarentaise 14%
Le Grand Massif 2%   Trois Vallées 7%
Mont-Blanc 8%
Les Portes du Soleil 5%
Giffre 0%

 

Un marché de résidences secondaires. Autre raison invoquée, la clientèle essentiellement touristique. Elle est française mais aussi internationale selon les destinations. « En Tarentaise, 50 % des ventes sont réalisées par des étrangers », souligne le notaire. Ailleurs, au coeur des Portes du Soleil, (Morzine et les Gets surtout), destination très prisée des Britanniques, cette clientèle représente 25 % des acquéreurs en 2017. Dans la vallée du Mont-Blanc, ils sont 13,1 %.

 

 

Des délais de détention plus longs. En montagne, les propriétaires gardent leur appartement ou leur chalet plus longtemps. Les délais de détention excèdent 15 ans, contre 10 ans en ville (ndlr, la durée était de 7 ans jusqu’à récemment).

« Les acquéreurs privilégient les stations de ski où les collectivités investissent dans les infrastructures, les équipements mais aussi les activités hors-ski », pointe Maître Bouvier, avant de conclure « Sans soutien public, il est difficile d’imaginer que les propriétaires privés réinvestissent dans leur patrimoine ».

Pour les professionnels de l’immobilier, les stations de ski sont autant de micro-marchés. La preuve en Maurienne, vallée voisine de la Tarentaise qui s’étire sur 125 km jusqu’à Bonneval-sur-Arc. L’analyse faite par les notaires des Savoie est globalement la même. Excepté l’attractivité (un lieu de passage où la démographie est en recul) et les prix. « C’est le “parent pauvre“ de la Savoie où les valeurs sont les plus basses. Ici, les terrains se vendent 50 €/m2 », reconnaît le notaire spécialiste de ce secteur. Un choix des communes qui préfèrent céder “à perte“ pour attirer les acquéreurs. Et l’expert d’ajouter. « À 170 000 euros, on trouve une maison habitable ». Là encore, il existe un véritable gap selon les zones : « Il y a trois fois plus de maisons en fond de vallée et quatre fois plus d’appartements en station », dit-il. Quant aux valeurs, elles diffèrent aussi. Fait marquant, les maisons anciennes sont au même prix qu’elles soient en station ou en vallée (et sur des surfaces de terrain plus importantes en station !), a contrario des appartements. Compter 4 300 euros le mètre carré à Valloire, située à 2h15 de Lyon mais 2 600 € au Corbier. Et le notaire de prêcher pour sa paroisse « Valloire est à seulement 15 minutes de l’autoroute, contrairement à la Tarentaise, ce qui en fait une station intéressante ».

La station de Valloire située à 1 400m d’altitude @B.Grange

 


Par Patricia Rey


 

(*) Le prix médian signifie que la moitié des transactions ont eu cours à un prix inférieur et l’autre moitié à un prix supérieur.

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