La croissance par l’export

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Plus que jamais, les relais de croissance passent par l’international. La conjoncture dégradée des pays émergents encourage les entreprises à consolider leurs échanges avec l’Union européenne.

export-entreprises-savoie-mont-blanc-3Les Savoie ont tiré leur épingle du jeu international en 2015 et enregistrent de bons scores dans ce domaine. Les chiffres du commerce extérieur de la Haute-Savoie au 3e trimestre 2015 sont à la hausse avec + 7,9 % pour les exportations et + 1,9 % pour les importations par rapport au 3e trimestre 2014. Le solde de la balance commerciale haut-savoyarde s’améliore de 3,5 %. Les champions locaux comme Eaux d’Évian, Somfy, NTN-SNR, Stäubli, Salomon, ou encore Adixen Vacuum, s’exportent avec succès.
Si l’Allemagne reste le principal pays client du département, les exportations outre-Rhin sont en baisse (- 3 % au 3e trimestre 201
5 par rapport au même trimestre 2014), tandis qu’on constate une reprise des exportations vers l’Espagne (+ 37 %), surtout dans les domaines de l’agroalimentaire (+ 96 %) et des équipements ménagers (+ 60 %). La Haute-Savoie représente 8,8 % des exportations et 7,3 % des importations de Rhône-Alpes. Et 10 % des exportations rhônalpines vers le continent américain sont faites par le département.

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Si l’Allemagne reste le principal pays client du département, les exportations outre-Rhin sont en baisse, tandis qu’on constate une reprise des exportations vers l’Espagne.

export-entreprises-savoie-mont-blanc-2PME, OSEZ EXPORTER !

La Savoie a connu une année stable avec 2,297 milliards d’euros d’exportations en 2015 et 1,439 milliard d’euros d’importations avec une couverture de 1,59. Cela représente un solde positif de 858 millions d’euros, près de la moitié du solde de la région Rhône-Alpes.

«50 % de nos exportations sont portées par des filiales de grands groupes, 10 % des entreprises savoyardes en réalisent la moitié. Or cela nous rend très vulnérables car la décision d’un grand groupe de changer d’implantation pourrait fragiliser nos exportations, regrette Gérard Cattaud, président de la commission International de la CCI de Savoie. C’est la raison pour laquelle nous appelons les PME à exporter : osez l’export ! Nous avons ici des entreprises performantes et innovantes, dont les dirigeants rechignent à se lancer à l’international par peur de la distance, du risque de change ou de recouvrement de créances. Mais il faut exporter pour assurer la pérennité des entreprises et créer de l’emploi direct.»

Les secteurs savoyards les plus exportateurs sont la métallurgie, de retour en tête du classement, et les appareils électriques. Les 653 entreprises exportatrices de la Savoie privilégient comme destination l’Union européenne qui représente 70 % des exportations, l’Allemagne étant en tête devant l’Italie et l’Espagne en plein renouveau. Parmi les destinations en progression, il y a l’Algérie, la Suède, la Thaïlande et l’Irak, tandis que le marché russe s’est effondré, de même que le Maroc et le Brésil.

Les PME industrielles rhônalpines exportent davantage que la moyenne française, mais comme au niveau national, seule une minorité d’entreprises est concernée : «la moitié des PME régionales réalise moins de 3 % de leur chiffre d’affaires à l’exportation». Par ailleurs, les PME qui appartiennent à une multinationale sont davantage tournées vers les marchés étrangers : la moitié d’entre elles consacrent plus de 24 % de leur chiffre d’affaires à l’export, et le quart plus de 51 %. C’est pourquoi l’accompagnement à l’international des PME et des ETI est la priorité affichée de la région Rhône-Alpes, des CCI et des Chambres de métiers et de l’artisanat qui ont mis en place des programmes d’accompagnement pour le montage des projets et la finalisation des stratégies d’implantation.

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LA FIN D’ERAI

Par ailleurs 2015 a été marquée par la disparition d’Erai (Entreprise Rhône-Alpes International), qui était depuis 25 ans le bras armé de la Région pour l’accompagnement des entreprises à l’international. Créée par Alain Mérieux en 1987 elle était sur la sellette depuis plusieurs années pour des problèmes de gestion et des difficultés financières. Le 6 mars 2015, le Conseil régional, après avoir envisagé une fusion avec l’Ardi (Agence de développement régionale pour l’innovation), a rejeté la demande d’une nouvelle subvention à la suite d’un vote Droite-EELV-FN entraînant la fin d’Erai.

Au niveau national, Ubifrance est devenue, depuis le 1er janvier 2015, Business France, après sa fusion avec l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII). Elle est présente via 85 bureaux dans 70 pays, également organisés par filières d’activité. Pour (re)donner de la lisibilité aux multiples dispositifs, Bpifrance a mis en place un label Bpifrance Export qui réunit deux autres organismes, Business France et la Coface ( filiale de Natixis). Dans chaque implantation Bpifrance, il y a un chargé d’affaires de ces deux organismes.

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LES ENTREPRISES PLANCHENT SUR LE NOUVEAU CODE DES DOUANES

Créée en 1987, l’Association des chargeurs et professionnels du commerce international (ACPCI), qui réunit 24 sociétés exportatrices et importatrices des Savoie sur des problématiques liées au commerce international examine le Code des douanes de l’Union (CDU), issu du Traité de Lisbonne de 2013, qui entre en application en mai 2016. L’objectif est de mettre en place une douane européenne électronique, d’harmoniser et de simplifier les procédures entre les 28 pays de l’Union européenne (UE), avec la dématérialisation des démarches.

Le CDU accorde aussi aux entreprises ayant le statut d’Opérateur économique agréé (OEA) des facilités dans leurs échanges tant au sein de l’UE que hors de l’UE. Ce statut permet aux administrations douanières de labelliser des entreprises et de s’assurer à la suite d’audits qu’elles présentent des garanties de solvabilité, de surface financière, de logistique, et sont conformes aux exigences de sécurité mises en place par les États-Unis après les attaques du 11 septembre 2001.export-entreprises-savoie-mont-blanc-7

Avec le statut d’OEA, une entreprise bénéficie d’avantages et de facilitations dans ses échanges avec les États-Unis, mais aussi la Suisse, le Canada, la Chine ou encore le Japon, avec un niveau de contrôle réduit à l’entrée de ces pays, des procédures de dédouanement plus rapides, et le dédouanement centralisé communautaire lors de l’importation de marchandises, pour une simplification des opérations et la réduction des délais d’immobilisation des marchandises.

Plusieurs entreprises des Savoie ont entrepris des démarches pour obtenir ce statut d’OEA. En juillet 2014, Ugitech l’a obtenu et a revu ses procédures de sûreté et de sécurité pour un coût global de 60 000 euros. NTN-SNR s’est dotée d’un logiciel de douanes interconnecté avec l’ERP de l’entreprise pour assurer la dématérialisation des procédures, avant d’entreprendre les démarches de certi cation OEA en 2016. Stäubli prévoit aussi d’entamer cette réflexion en 2016. Si les dispositions du CDU entrent en application le 1er mai 2016 dans les 28 États membres, ils ont jusqu’au 31 décembre 2020 pour achever l’interconnexion informatique de leurs procédures douanières.


Quelques chiffres de l’export en Savoie Mont Blanc

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Par Dorothée Thénot.


 

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