Hydrogène : enfin un avenir pour les voitures ?

Treize acteurs de la filière hydrogène-mobilité, réunis début 2017, ont enfin prouvé que l’hydrogène compte parmi les solutions alternatives aux énergies fossiles. Où en est-on ?

Les constructeurs automobiles attendent la création d’un réseau de distribution d’hydrogène pour commercialiser des voitures électriques à pile à hydrogène. Le parc actuel n’incite pas les fournisseurs à implanter un réseau de stations. Chez les Français, seul Renault dispose d’un Kangoo électrique ZE sur lequel est ajouté un prolongateur d’autonomie à hydrogène.

Le réservoir d’hydrogène alimente le moteur électrique

BMW a stoppé la production de sa novatrice 760 Li (100 exemplaires de 2006 à 2009) dont le principe, désuet aujourd’hui, était d’utiliser de l’hydrogène liquide en guise de carburant dans un moteur classique. Stéphane Chevalier (R.P. Toyota & Lexus France) précise : « Au lieu de remplir un réservoir d’essence, on remplit un réservoir d’hydrogène qui fait fonctionner un moteur électrique, avec le couple énorme d’une voiture électrique, son silence total, une autonomie d’environ 500kilomètres, dont le ravitaillement en hydrogène ne dure que 3 à 5minutes. »

Honda en 2008, Hyundai en 2013, furent précurseurs en matière de diffusion en Europe. Toyota leur emboîta le pas pour sortir la MIRAI, produite en 2015 au prix élevé mais pas exorbitant de 66 000 euros HT. L’avantage client ne saute pas aux yeux, car il fait référence à la protection de l’environnement sans s’exprimer en espèces sonnantes et trébuchantes : un “kilo” d’hydrogène permet de rouler environ 100 kilomètres, au même prix qu’un plein d’essence. Le tout sans danger, vu la robustesse des réservoirs en fibre de carbone.

La société Atawey, basée au Bourget-du-Lac, propose des stations mobiles (photo) aux collectivités et aux sociétés : « L’objectif est de mailler le territoire avec des petites stations d’avitaillement qui occupent une place de parking, décrit Geoffroy Ville, responsable commercial.

Les moteurs électriques à pile à hydrogène n’émettent ni gaz à effet de serre ni particules et rejettent de l’eau, ils sont donc non polluants au “point d’utilisation”. En amont, l’hydrogène est principalement produit à base de biogaz, mais son utilisation ne diminue que d’environ 20 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport aux véhicules à combustion classique. Les énergies renouvelables commencent donc à être exploitées : électrolyse de l’eau, éolienne, solaire… L’évolution se trouve là, pour éviter le flop du GPL…

“LE COÛT D’UNE GROSSE STATION D’HYDROGÈNE, DE 1À 5M€, EST UN FREIN AU DÉVELOPPEMENT, COMME LA RÉGLEMENTATION QUI DOIT AUSSI ÉVOLUER EN SA FAVEUR.”

Une dizaine de stations sont opérationnelles en France, notamment sur le pont de l’Alma à destination de la flotte de taxis Hype et de quelques particuliers. Mais la plupart des pompes alimentent des véhicules de collectivités. Air Liquide a également mis en service en décembre 2015 une station à Grenoble dans le cadre du projet HyWay, qui vise à industrialiser des kits hydrogène, prolongateurs de l’autonomie dans les Renault Kangoo ZE-H2. HyWay est la première étape du plan de déploiement élaboré par le consortium Mobilité Hydrogène France (soutenu financièrement par la région Auvergne-Rhône-Alpes, l’ADEME et l’Europe).

Le projet Nissan en 2012…

La société Atawey, basée au Bourget-du-Lac, propose des stations mobiles (photo) aux collectivités et aux sociétés : « L’objectif est de mailler le territoire avec des petites stations d’avitaillement qui occupent une place de parking, décrit Geoffroy Ville, responsable commercial. Une société achète l’infrastructure, se branche sur l’eau et l’électricité pour produire son hydrogène par électrolyse, grâce à un procédé breveté, sans souci de corrosion due à la soude et la potasse. De quoi offrir autonomie et mobilité verte. Nos stations d’hydrogène restent intentionnellement de petite capacité, elles s’installent facilement n’importe où. »

Le coût de création d’une grosse station d’hydrogène est élevé : de 1à 5millions d’euros (selon la puissance de distribution, de 300à 700 bars). Il s’agit d’un frein au développement, comme la réglementation qui doit aussi évoluer en sa faveur. L’Europe du Nord est plus engagée en matière d’énergies alternatives : l’Allemagne entend se doter d’ici 2023 d’un réseau de 400 stations publiques d’hydrogène. En France, la filière ambitionne de déployer 100 stations d’ici 2018.


Par Anne-Chantal PAUWELS, journaliste et Instructeur pilotage automobile.


Chronique réalisée dans le cadre de ResoHebdoEco.
www.facebook.com/ resohebdoeco

Crédit photo : Student Energy.

PUBLICITÉ

INSCRIPTION NEWSLETTER

1 Commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*