Vers une culture de l’innovation

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La capacité d’innovation est beaucoup moins une affaire de processus et de procédure que de culture partagée, de posture et d’attitude.

Créer les conditions d’une culture de l’innovation requiert en premier lieu des compétences clés, identifiées par Thésame, le centre de ressources haut-savoyard, en lien avec un laboratoire de l’École en génie industriel de Nancy. «La créativité, l’autonomie, un esprit expérimental, la capacité à savoir adopter différents points de vue sont des compétences essentielles pour favoriser l’innovation» explique Jean Breton, directeur du pôle Innovation de Thésame.

S’y ajoutent une capacité à formaliser les problèmes, un goût de la concrétisation, une faculté à repérer les opportunités ou encore le fait d’avoir une approche systémique. Il s’agit aussi de savoir entrer dans une “logique client”, tout en ayant un attrait pour le futur et le changement…

« Le dirigeant ou son équipe doivent réunir toutes ces compétences. L’environnement permettra, quant à lui, de favoriser et entretenir d’autres compétences nécessaires à l’innovation ». La première est l’orientation stratégique, avec, pour les dirigeants, un horizon à long terme. S’y ajoute la culture de l’entreprise qui doit faire place aux anticonformistes. Il s’agira encore d’accepter une certaine incertitude et de faire place à une gestion des ressources humaines qui reconnaisse les innovateurs. Enfin, l’organisation favorisera les structures décentralisées de décision et le travail en réseau.

«La culture de l’innovation est liée aux valeurs, aux ressources et à la mise en œuvre de ces ressources par le management» poursuit Jean Breton. Pour développer sa culture de l’innovation, l’entreprise a besoin, enfin, d’un territoire qui porte en lui-même le même terreau, avec des dispositifs de financement et des compétences externes telles que des laboratoires de recherche, des centres techniques et des écosystèmes comme les pôles de compétitivité. En fait, des lieux d’incubation pour les projets innovants, qu’ils soient portés par des entreprises existantes, comme par des start-up.

C’est dans cette logique que Thésame a créé le “Club des DIS” (Dirigeants Innovation et Stratégie) qui réunit une cinquantaine de directeurs de recherche et développement de Rhône-Alpes. Fondé en 2001, il se réunit quatre fois par an, et permet la comparaison des bonnes pratiques de gestion de l’innovation entre des entreprises non concurrentes. Ce club a permis de lancer des projets collaboratifs de recherche entre des sociétés qui ne se rencontraient pas auparavant.

«Il convient aussi de proposer aux entreprises des outils et des méthodes pour les rendre plus efficaces : c’est le but du programme Innovation PME qui a accompagné plus de 200 entreprises depuis son lancement en 2012» complète Jean Breton. Thésame travaille aussi en partenariat avec BpiFrance pour sécuriser des projets innovants qui ne sont pas encore aboutis. Et pour tous, un outil de veille, le Jitec, rassemble une fois par mois les dernières nouveautés et les exemples de bonnes pratiques entre acteurs de l’innovation, en Haute-Savoie.

Structurer la démarche

«Accompagner les entreprises en matière d’innovation est plus une posture qu’une méthode», estime pour sa part Stephan Zacharie, directeur du Critt de Savoie. «Cela vient avant tout du dirigeant qui a la volonté d’innover, de son ouverture, de sa capacité d’intégrer les équipes dans le processus d’innovation.» Pour sa part, le Critt amène les dirigeants à travailler en réseau, en les aidant, dans un même domaine d’activité, à échanger avec leurs pairs, comme à s’ouvrir à d’autres secteurs d’activité que le leur. «Nous leur proposons aussi des étudiants alternants qui permettent d’avoir un regard neuf et de remettre les créatifs au cœur du processus. On parle alors volontiers d’Open innovation, dans laquelle le digital devient un vrai accélérateur.»

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En proposant des méthodes adaptées aux entreprises, le Critt leur permet de structurer leur démarche d’innovation qui passe par la montée en compétences des équipes. «Nous réfléchissons pour la rentrée prochaine à une formation sur le pilotage de projets innovants dédiée au middle management.» Au total, il accompagne quelque 300 entreprises par an sur des projets innovants, à travers notamment Innovation PME, financée par la Région, ou des séminaires dédiés aux dirigeants. «Les entreprises doivent aujourd’hui prendre plusieurs virages indispensables. Nous les accompagnons donc depuis la sensibilisation à travers des ateliers jusqu’à la structuration de leur réflexion» conclut Stephan Zacharie.

Le fonds régional d’innovation opérationnel

Le Fonds Innovation Rhône-Alpes (Fira) a été validé en septembre 2015 pour un lancement opérationnel en décembre. «Sa vocation est de financer jusqu’en 2020, pour un montant total de près de 70 M€, des projets relevant de quatre thématiques : les éco-innovations (Innov’R), l’innovation sociale, l’innovation par les usages et le pré-lancement industriel et commercial des innovations» explique Philippe Koch, délégué Innovation Alpes de Bpifrance. Ce fonds s’adresse à des PME et des ETI jusqu’à 2000 personnes et s’inscrit dans le cadre d’un co-financement à hauteur de 50 % en moyenne avec l’entreprise.

Concrètement, c’est une aide publique sous la forme d’un prêt à taux zéro qui réunit plusieurs sources de financement mutuali- sées : BpiFrance, la Région Auvergne Rhône-Alpes, les Fonds européens (Feder), et les ressources du PIA pour le Fonds d’innovation sociale. L’instruction des dossiers et la gestion sont assurées par Bpifrance et la co-décision intervient avec la Région et l’État (dans le cadre de l’innovation sociale).

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«Bpifrance et les réseaux d’accompagnement des entreprises (Ardi Rhône-Alpes, Critt, Thésame, CCI…) sont les portes d’entrée au Fira» poursuit Philippe Koch. Chaque projet fait l’objet d’un dossier qui est analysé, évalué, instruit avant d’être validé par les spécialistes des quatre domaines. «Les premiers dossiers viennent tout juste d’être déposés. C’est le moment de venir solliciter Bpifrance.» Lucile Gheno en Haute-Savoie et Saber Kerd en Savoie sont les interlocuteurs de proximité des entreprises.

Les fonds apportés par le Fira viennent compléter l’aide à l’innovation classique déjà distribuée par Bpifrance sous forme d’avances récupérables ou de prêts à taux zéro. À noter que, par ailleurs, une convention a été signée entre Bpifrance et la Communauté d’agglomération d’Annecy, sous l’égide de la Région, pour relancer le Fonds local d’innovation. Cet instrument a déjà permis de financer une trentaine de dossiers entre 2011 et 2015, dont neuf projets dans le numérique, cinq dans la montagne et cinq dans la santé. Il permettra le co-financement de projets d’innovation ne relevant pas de l’une des quatre thématiques du Fira.

Ardi Rhône-Alpes

L’Agence régionale du développement et de l’innovation (Ardi) contribue au développement économique des entreprises de la région Rhône-Alpes par l’innovation. Elle dispose de deux implantations : Lyon et Le Bourget-du-Lac. L’Ardi s’adresse en priorité aux entreprises ayant déjà initié une démarche d’innovation. Son cœur de cible est constitué de près de 4 000 entreprises dont 3000 PME, 700 établissements appartenant à 200 grands groupes et environ 300 jeunes entreprises innovantes.

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Par Françoise Lafuma.


 

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